Festival
A Face behind the Statistics - Bertrand Gaudillère

Lyon, le 30 mars 2010 Florence, la compagne de Guilherme, devant l'école Gilbert Dru où sont scolarisés leurs enfants. L'école deviendra durant plusieurs semaines le "quartier général" de la mobilisation pour que Guilherme ne fasse pas partie des 28 000 reconduits à la frontière, objectif annoncé pour l'année 2010 par Eric Besson, ministre de l'immigration. © Bertrand Gaudillère - Collectif ITEM

Lyon, le 31 mars 2010 Manifestation de soutien à Guilherme place des Terreaux. Arrêté en janvier 2010, mis en prison pendant deux mois pour avoir refusé l'expulsion car il ne voulait pas quitter sa femme et ses enfants, après 4 tentatives d'expulsion entre le 31 janvier et le 8 avril 2010, Guilherme est resté en France grâce à la mobilisation du quartier, aux nombreux soutiens dans toute la France, et à l'initiative des pilotes qui ont refusé son départ sous contrainte. © Bertrand Gaudillère - Collectif ITEM

Lyon, le 4 avril 2010 Audience au tribunal d'instance pour une demande de remise en liberté de Guilherme que le juge des libertés et de la détention accordera aux vues des pièces du dossier, mais la préfecture fera appel de la décision. Guilherme restera au Centre de Rétention jusqu'à l'audience en appel du mardi 6 avril. © Bertrand Gaudillère - Collectif ITEM

Lyon, le 4 avril 2010 Devant le centre de rétention St Exupéry de Lyon, Florence attend pour voir Guilherme. Ce centre compte parmi ceux qui peuvent accueillir des familles. Les centres de rétention ont été officiellement créés le 29 octobre 1981. Ils ne dépendent pas de l’administration pénitentiaire. La privation de liberté n’a pas de caractère punitif lié a la décision d’une autorité judiciaire, elle est le résultat d’une décision administrative. © Bertrand Gaudillère - Collectif ITEM

Lyon, le 7 avril 2010 Florence s’effondre lorsqu’elle apprend que Guilherme a été embarqué depuis le centre de rétention dans un avion du ministère jusqu'à Roissy. La préfecture craignait une trop forte mobilisation sur un vol en partance de Lyon. À Roissy, le commandant de bord du vol Air France refusera d’embarquer Guilherme entravé et bâillonné. © Bertrand Gaudillère - Collectif ITEM

Lyon, le 7 avril 2010 Tandis que Guilherme est dans l’avion entre Lyon et Paris, les soutiens organisent un rassemblement spontané qui se transformera en manifestation. Devant la préfecture, les manifestants se heurtent à un cordon de CRS et n'obtiendront pas de rdv avec un représentant du préfet. Ils continueront de manifester devant l'école Gilbert Dru en consultant le site d'Air France pour connaître l'état du vol sur lequel Guilherme doit être embarqué. Une source politique leur confirmera une fois le vol en partance avec plus d'une heure et demie de retard que Guilherme n'était pas à son bord. © Bertrand Gaudillère - Collectif ITEM

Lyon, le 9 avril 2010 Après plusieurs rebondissements et un séjour au CRA de Bobigny, Guilherme est libéré. De retour à Lyon il répond aux médias. Son premier mot ira au préfet Jacques Gérault qu'il remercie pour avoir fait de lui à nouveau un homme libre. Malgré ses propos loin de toute polémique, le progrès titrera le lendemain : "Le sans papiers qui défie l'état". © Bertrand Gaudillère - Collectif ITEM

Lyon, le 10 avril 2010 Parrainage républicain des enfants de Guilherme, parmi les parrains, Pierre-Alain Muet et Jean-Louis Touraine députés P.S. du Rhône. Malgré les directives du gouvernement, certains élus se prêtent volontiers à la cérémonie, pour faire reculer les possibilités d'expulsion. L’idée du parrainage républicain remonte à 1793, lorsque 2 citoyens en parrainaient un 3ème, l’accueillant ainsi au sein de la république française. Guilherme craignant malgré tout une nouvelle arrestation, quittera Lyon à l’issue de la cérémonie pour se cacher. © Bertrand Gaudillère - Collectif ITEM

Lyon, le 25 mai 2010 Manifestation de soutien à Guilherme pour porter en préfecture 5200 lettres de soutien recueillies à travers la France. Le préfet refusera une fois encore de recevoir les membres du collectif de soutien. En guise de protestation, ils laisseront les 800 m de guirlandes confectionnées avec les lettres devant la préfecture. Les organisateurs déclarés de la manifestation seront convoqués au commissariat pour un rappel à la loi, leur stipulant que leur action devrait être sanctionné pour entrave à la circulation sur la voie publique. © Bertrand Gaudillère - Collectif ITEM

Lyon, le 20 juin 2010 Pour continuer à être visible le collectif de soutien a conçu une banderole géante qu'il promène régulièrement dans les rues de Lyon. © Bertrand Gaudillère - Collectif ITEM

Paris, le 18 septembre 2010 Depuis le 4 septembre, Guilherme est sorti de sa « retraite » pour participer à la manifestation nationale de lutte contre le racisme et la xénophobie à Paris. Ce soir, il participe à la soirée "Rock sans papiers" à Paris Bercy. Dans les gradins il s'apprête à rejoindre les artistes sur scène pour témoigner de sa situation. Quelques jours plus tard il reviendra s’installer à Lyon. © Bertrand Gaudillère - Collectif ITEM

Lyon, le 8 décembre 2010 Guilherme est toujours en attente de papiers. A l'heure actuelle plus aucune procédure de demande de régularisation est en cours. L'issue serait la régularisation pour raison humanitaire, que seul le préfet est à même de délivrer par son pouvoir discrétionnaire. © Bertrand Gaudillère - Collectif ITEM

Des Chiffres, Un Visage - Editions Libel

Bertrand Gaudillère
Lyon, le 30 mars 2010 Florence, la compagne de Guilherme, devant l'école Gilbert Dru où sont scolarisés leurs enfants. L'école deviendra durant plusieurs semaines le "quartier général" de la mobilisation pour que Guilherme ne fasse pas partie des 28 000 reconduits à la frontière, objectif annoncé pour l'année 2010 par Eric Besson, ministre de l'immigration. © Bertrand Gaudillère - Collectif ITEM
The Statistics*
24: the number of holding centers in France
1 693: the number of places in the holding centers
32 268: the number of people held in one year (6% women)
29 796: the number of people deported in one year
230: the number of children held with their parents
32: the average age of detainees
10.71 days: the average period of detention
32 days: the maximum period of detention
163: the number of nationalities of detainees in one year
533 millions euros: the annual cost of deporting detainees
(€394 million for custody and guarding; €80.8 million for operational expenditure; €58 million for extension plans for the centers)
27 000 euros: the average cost of deporting one person (with 20 000 effective departures per year)
* Figures for 2008 from the French NGO, Cimade
160 000 euros: the estimated cost of attempts to deport Guilherme
A Face
It is the face of Guilherme Hauka-Azanga, from Angola, aged 45, father of two children born in France, and a man who does not hold a residence permit. He came to France in 2002, fleeing a country where civil war had lasted 25 years leaving half a million dead, a country where the life expectancy is 41 years, where 40% of the population live beneath the absolute poverty line and where more than 60% do not have access to clean water.
In France, Guilherme, like many other migrant workers without official papers, worked in the building industry which (with hotels, restaurants and the textile industry) employ most illegals. Ironically he worked on the building site of Corbas prison where he later served a sentence of two months for refusing to board the plane when the first attempt to deport him was made.
For six years he worked for the same employer who made two applications to the administrative authority [Préfecture du Rhône] requesting a work permit, but, according to Guilherme, no reply was ever received. Faced with this silence, plus three applications for political asylum being rejected by the French office for the protection of refugees and stateless persons (OFPRA), he continued to work and pay taxes until, one day in late 2009, his employer, fearing a labor inspection, finally dismissed him.
Guilherme is just one of a number of faces, one face to remind us that behind the statistics there are human beings; to remind us that deportation has serious consequences; and also to remind us that there are many people who refuse to accept the government policy introduced in 2003 setting annual figures for deportations. It is the first time in the history of France that such a quota has been set.
A spirit of solidarity plus a sense of commitment and determination are the forces behind Guilherme’s support committee. Their efforts and tenaciousness are fine examples of the righteous anger felt by individuals confronted with such intolerable situations, both unjust and arbitrary.
Acting together in civil disobedience, they have expressed their opposition to what they see as violence perpetrated on a human being. The battle being waged is justice versus the law, citizens versus the State system, opposing the relentless, dogged pursuit of their neighbor and friend whose one offence is not to have been born in France.
“A Face Behind the Statistics” is a visual report on the move by citizens rallying in response to the urgency and vulnerability of the situation. The story of Guilherme and his entourage is not the only case of this kind; it is the result of political moves to enforce more and more rules and regulations making it even more difficult for non-French citizens to come to France or for those who are here to be granted legal status. Tougher laws backed by security-focused policies led by President Sarkozy’s ministers of Immigration (Eric Besson, Brice Hortefeux and Claude Guéant) have confused the issues, with a tendency to portray immigration as the cause of security problems and unemployment. Yet the figures for immigrants have barely changed in ten years, remaining around 75 000 a year.
The latest legislation (known as the “Besson Law”), passed on May 11, 2011, added a number of provisions: extending the maximum period of detention from 32 to 45 days, banning the return of persons deported, extending the qualifying period for action by a judge ruling on custody/release (from two to five days) and making even tougher restrictions on residency rights for non-French persons requiring medical care.
The laws applying to foreigners entering and residing in France [CESEDA – Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile] have been amended five times in seven years.
Guilherme has still not been granted a residence and work permit.
Bertrand Gaudillère / Collectif ITEM
A Face behind the Statistics
Visa pour l'image - Perpignan
Couvent des minimes
From august 27th to september 11th
Book « Des Chiffres, Un visage » - éditions Libel
Texts and photos : Bertrand Gaudillère
Features : 16 x 21 cm / 128 pages
Price : 18 €
Links
http://www.collectifitem.com
http://www.visapourlimage.com
http://www.editions-libel.fr/agence-maison-edition/vmchk/Catalogue/Des-chiffres-Un-visage/flypage_new.tpl.html
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