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Zmâla : Sub Coop

Argentine : Torres Ochoa a sa propre émission de radio dans la Colifata. Tout les samedi, á la tombé du jour il passe des chansons de l'Altiplano et invoque la Pachama pour le programme "Momento Boliviano" qu'il conduit avec Eber Beltran. Comme de nombreux patients de l'hôpital, la Colifata est le moment le plus attendu de la semaine, un rendez vous important avec le monde extérieur de l'hôpital. Il parle d'un pont, un lien car il y a un aller-retour avec ce qu'il se passe au delà des murs.

A l'hôpital Borda fonctionnent plusieurs ateliers pour aider les malades dans leurs récupération. La plupart sont autonomes et essayent avec leurs moyens d'apporter des outils aux internes pour qu'ils puissent petit á petit se récupérer, avec un objectif de "desmanicomilazacion"( désinstitutionalisation). Ouvert en 1982 peu après la dictature militaire, le Front des Artistes du Borda ne fait pas de l'art Therapie puisque se mélangent dans les ateliers les patients de l'hôpital et les visiteurs. Les responsables sont plus souvent des professeurs d'art que des médecins et ainsi la productions artistique se vaut par son niveau d'expression et ne sert pas dans les diagnostiques Les ateliers sont présentés hors de l'asile et permettent aux malades de montrer leurs monde á l'extérieur

Sandro est arrivé a l'hôpital après avoir trouvé sa femme dans les bras d'un autre dans leur propre lit. Il ne l'a pas supporter et est devenus très violent. Il a d'abord séjourné en conditions de détenus dans l'unité 20, le service pénitentiaire qui fonctionne à l'intérieur de l'asile. Il jure qu'il fut meilleur boxeur que ce qu'il est chanteur aujourd'hui. Il n'a pas de programme avec la Colifata mais récupère chaque fois qu'il peut, l'espace qui se présente sur la scène de la radio pour reprendre les chanson romantique de Sandro de qui il copie le look et les manières.

Jagger est un patient externe de l'hôpital Borda. Il participe de certains atelier du Front Des Artistes du Borda, il mange avec Cooperanza et travaille pour le Pan del Borda. Il se cache le soir dans les bâtiments pour pouvoir y dormir car même s'il a l'autorisation de sortie il n'a pas d'autre endroit où vivre. Il profite des repas et reçoit aussi sa dose de médicament.

Pablo Morales est interné dans le Borda depuis de nombreuses années. Il est arrivé tout jeune á Buenos Aires et rêvait d`*être footballeur professionnel. Il s´est présenté dans plusieurs club de la capital argentine sans succès. Il se déguise en prince pour l'atelier de photo du Front D´Artiste du Borda, c'est aujourd'hui son souhait s'il reçoit l´autorisation de sortie.

Vue du Service 14/22. C'était le service pour les malades psychiatrique avec HIV et problèmes de dépendances aux drogues. Le gouvernement actuel a ordonné la clôture du service et a transféré les internes a des cliniques privés. Actuellement certaines personnes qui ont obtenu l'ordre de sortie utilisent l'espace vide pour passer la nuit. Sur les murs, les inscriptions, Cuidado ( Attention), Libres (Librés), Liberté (livertad)....

Pablito participe á presque tout les ateliers du Front Des Artistes du Borda. Il raconte parfois qu'il a été enfermé á cette asile en 1978 après s'être fait arrêté en essayant de voler la coupe du Monde de Football á Mario Kempes, le footballeur Matador du mondial qui s'est joué en Argentine la même année. Parfois il dit qu'il a oublié pourquoi il est là et depuis quand. Sa famille dit-il ne vient plus le visiter depuis très longtemps. Il en sait pas s'ils sont mort depuis ou si ils l'ont tout simplement oublié. Comme la plupart des internes du Borda Pablito fume clope sur clope. Il réclame a chaque visiteur une ou plusieurs cigarette et les gardent dans un sac plastique pour ne jamais en manquer. S'il peut il demande aussi pour une carte téléphonique pour son portable. C'est son outil de communication et il aime avoir de longue conversation avec les amis de passage qu'il a rencontré á l'hôpital ou dehors.

Eber Isaac Beltran, présentateur du programme de la Colifata, Momento Boliviano. Il sort sa calculatrice chaque fois que quelqu'un lui demande depuis quand il est interné á l'hôpital. Il tient une communication direct avec son ciel et ses montagnes natales. Nous sommes tous ses “hermanitos”.

L'hôpital neuropsychiatrique José Tiburcio Borda, fondé en 1865 sous le nom d'hospice de San Buenaventura se constitue en services de courts, moyens et longs terme avec des caractéristiques différentes selon le grade de maladie traitée. Un psychiatre de l'hôpital explique que la ressemblance entre les patients n'est pas une invention. “L'image qui me vient” dit-il “est celle des camps de concentration, où tous se convertissent en quelque chose de semblable. Ici, le sujet perd toute son individualité.

De nombreuses personnes internées, face au manque de politiques et pratiques de réinsertion sociale, se convertissent en patients chroniques: la décomposition de liens sociaux associée á la peur permanente entrainent á la résignation, au détachement et á l'indifférence face á une situation qui se ressent comme définitivement perdue. Un pas de plus vers l'isolement et la lente et progressive disparition de la conscience critique, individuelle et transformatrice.
Argentine : Torres Ochoa a sa propre émission de radio dans la Colifata. Tout les samedi, á la tombé du jour il passe des chansons de l'Altiplano et invoque la Pachama pour le programme "Momento Boliviano" qu'il conduit avec Eber Beltran. Comme de nombreux patients de l'hôpital, la Colifata est le moment le plus attendu de la semaine, un rendez vous important avec le monde extérieur de l'hôpital. Il parle d'un pont, un lien car il y a un aller-retour avec ce qu'il se passe au delà des murs.
La Borda, the bet on the unlocking
Sub.coop
The psychiatric hospital La Borda, located in the centre of Buenos Aires, is the most important of all of Argentina. It is comprised of 14 blocks and 22 houses. The 991 men who live there are for the most part chronic patients, who have lost all contact with the outside world. It is, however, easy to come and go to La Borda: the hospital has no barrier and very few guards. But isolation weighs down on this place where there is a different notion of time.
Several workshops enable patients to have projects of a new life, to have an activity. Art, as they say themselves, is far more therapeutic than medication.
Taking part in one of these workshops at La Borda Artist Front makes you feel dizzy compared to the heavy silence of the hospital corridors. The theme of the photo workshop today is: the opposition between “who you are and who you dreamed of being”.
The radio La Colifata, another workshop, is animated by the patients. It is a therapeutic tool for the ‘Colifatos’, but also for the people outside. Its aim is to treat the patients and society by creating links between the two worlds and by helping mentalities to evolve.
“In my programme, La Foguonéra, we eat dishes from all over the world. But it’s all in our minds. I love talking about food because I remember what Hippocrates said – “Let food be your medicine.” I would like everyone to eat correctly. If on earth, we all ate well there would be less prisons and psychiatric hospitals”, confides Hugo Lopez.
“We have always been mad” , say the ‘Colifatos’.
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