Magazine
Zmâla : Item

ESMA- La Escuela Superior de Mecánica de la Armada (Ecole supérieure de mécanique de la marine) Cette école, tristement célèbre, était devenue l’un des lieux de répression et de torture clandestin sous la dictature de Videla, parmi les 500 que comptaient le pays, où près de 5000 personnes ont disparu. Il y avait également une maternité où près de 500 bébés ont été volés à leurs parents pour être donnés à des familles « d’accueil » liées au régime. Les mères étaient assassinées juste après l’accouchement. Située en centre ville, elle est depuis 2004 un musée à la mémoire des disparus. Buenos Aires, janvier 2008

Rôle de l’église catholique pendant la dictature Depuis le début des années 50 et l’enchaînement des dictatures en Argentine, l’église a toujours soutenu les pouvoirs en place. La dictature de Videla de 1976 à 1983 n’a pas fait exception. Même si des prêtres ont résisté en le payant de leur vie, beaucoup d’autres ont fermé les yeux sous prétexte que l’église ne se mêle pas de politique… Pourtant des prêtres bénissaient des prisonniers avant qu’ils ne soient tués ou torturés, et des pilotes d’hélicoptère revenant des « vols de la mort », consistant à jeter vivant des prisonniers politiques dans l’océan. En 2007, Christian Von Wernich, l’ex-aumônier de la police de Buenos Aires, a été condamné à la prison à vie. L’église, qui l’avait caché et muté sous un nouveau nom, refuse toujours de donner des excuses officielles. Selon elle, les prêtres concernés ont tous agi « selon leur volonté personnelle »… Buenos Aires, mars 2006

Commémoration des 30 ans de la dictature Sur la place de Mai, des milliers de gens viennent en famille pour se souvenir. Cette manifestation est emmenée par les Mères de la place de Mai, qui se battent depuis plus de 30 ans. Le slogan choisi : « 30 ans de vie contre la mort ». Buenos Aires, 24 mars 2006

Que no se repita Que cela ne se répète pas Trois ans jour pour jour après la tragédie de Cromañon qui a tué 194 jeunes, et qui constitue l’une des pires accidents que l’Argentine ait connu, des milliers de personnes s’étaient rassemblées sur le lieu même du sinistre pour réaffirmer leur volonté de justice. La nuit du 30 décembre 2004, un concert de rock était organisé dans la discothèque Republica Cromañon au centre de Buenos Aires, dans le quartier Once. Le groupe qui jouait a lancé un feu de Bengale au plafond qui s’est enflammé immédiatement. Les quelque 3000 à 4000 personnes qui se trouvaient présentes ont tenté de sortir, mais 4 des 6 issues de secours étaient fermées. Les portes étaient maintenues ainsi closes pour que les gens ne puissent pas rentrer sans payer… Les 194 victimes ont été tuées principalement par inhalation de gaz toxiques qui se sont dégagés du plafond en feu. Les batailles juridiques pour inculper et juger les responsables de cette catastrophe ont été et restent difficiles. Malheureusement il aura fallu ce drame pour illustrer concrètement le problème récurant de la corruption qui gangrène la classe politique de ce pays… Buenos Aires, décembre 2007

L’Amerika L’Amerika est devenu l’un des plus grands club gay de Buenos Aires. Pouvant accueillir près de 2000 personnes, il est très prisé des clubbeurs gays mais également par des hétéros. Ouvert quatre nuits par semaine, ce lieu branché offre une liberté sexuelle très large. Ici on peut être qui on veut ou simplement soi. Buenos Aires, mars 2006

Villa 15 – La Ciudad Oculta La Villa 15 est un bidonville de Buenos Aires qui compte 16000 habitants de différentes nationalités (paraguayens, boliviens, uruguayens). Cette Villa est apparu après la coupe du monde de football de 1976. Afin de « protéger » de la vue des touristes ces quartiers moins touristico-compatibles un mur avait été érigé tout autour d’où le nom de Ciudad Oculta… Comme dans beaucoup de bidonvilles, les problèmes rencontrés tournent autour de la violence, de la propreté (ramassage des poubelles ), de la drogue depuis l’arrivée du PACO (l’équivalent du crack qui fait des ravages chez les enfants), de l’accès à l’eau… De nombreuses ONG viennent accompagner les habitants pour améliorer leur quotidien. L’association des Mères de la Place de Mai ont monté un projet pour réhabiliter un hôpital abandonné (elefanto blanco) et ainsi offrir un lieu ressource, de vie social et proposant de nombreux services aux habitants de a Villa. Buenos Aires, janvier 2008

En 2001, toutes les classes sociales étaient concernées par la crise. En effet, le gel des avoirs et la dépréciation du pesos ont touché tout le monde. Des gens de tous âges et de toute condition se retrouvaient dans la rue pour manifester. Aujourd’hui la croissance étant revenue, la classe moyenne a retrouvé un peu d’aisance financière et semble donc moins concernée par les difficultés persistantes des classes populaires, et se désolidarise même de certains conflits sociaux, n’y envoyant qu’une entrave à la liberté de travailler… Buenos Aires, mars 2007

Sandra et Rodrigo En 2002, 50 % de la population argentine était pauvre. Après avoir connu des années beaucoup plus fastes, la chute, notamment pour la classe moyenne, n’en a été que plus dure. Sandra et Rodriguo habitent à Tristan Suarez, à une heure et demie au sud de Buenos Aires. Artistes tous les deux, se considérant comme faisant partie de la classe moyenne avant 2001, et comme économiquement pauvres aujourd’hui, ils n’ont pas eu d’autres choix que de venir habiter dans une petite maison de 25 m2 de deux pièces en province, après avoir habité dans un appartement à Buenos Aires. Ayant chacun un travail, lui jardinier, et elle remplaçante occasionnelle dans des écoles, ils cumulent à eux deux 7 heures quotidiennes de transports en commun pour se rendre et revenir de leur travail, n’ayant pas les moyens d’acheter une moto, et encore moins une voiture… Ils vivent sobrement, dans un confort assez sommaire, mais dignement, sur un bout de terrain pas encore fini de payer. Ils ont trouvé un équilibre de vie dans cette vie « à la campagne » non choisie, et semblent être un couple heureux. Les 300 à 500 euros par mois (quand Sandra travaille) qu’ils gagnent leur permettent tout juste de survivre, mais dans une grande dignité et force morale. Tristan Suarez, janvier 2008

Cristina Kirchner, nouvelle Eva Péron ? Cristina Kirchner est investie nouvelle présidente pour une période de 4 ans. Elle a survolé ces élections. Elle succède à son mari, Nestor (décédé en 2010). En ce jour particulier pour l'Argentine, les péronistes étaient descendus dans la rue pour assurer de leur soutien celle qui succède à son mari. Les classes moyennes et des classes populaires étaient très présentes, ainsi que toutes les générations. La Plaza de Mayo était encore une fois le coeur battant de cette nouvelle page d'histoire... Vente de posters à l’effigie d’Eva Péron. Buenos Aires, décembre 2007

Le rôle de la police pendant la dictature et pendant la crise de 2001 est tristement édifiant. Aujourd’hui encore des membres de l’association HIJOS, qui rassemble des enfants de disparus, demandent justice pour que des policiers soient traduits en justice pour leurs actes commis pendant la « guerre sale ». Carlos Menem avait fait passer des lois d’amnistie qui ont été annulées en 2003 par Nestor Kirchner. Ses membres subissent toujours des pressions très importantes, qui vont jusqu’à l’enlèvement pendant quelques heures, et ce afin de les dissuader de témoigner devant les tribunaux. Malgré ces pressions, les procès ont bien lieu. En novembre 2010 plusieurs policiers ont été condamnés à des peines de prison allant de 8 à 14 ans, condamnant ainsi leur rôle actif, notamment des les centres de détention illégaux où étaient torturés et tués des milliers d’opposants. Buenos Aires, décembre 2007
ESMA- La Escuela Superior de Mecánica de la Armada (Ecole supérieure de mécanique de la marine) Cette école, tristement célèbre, était devenue l’un des lieux de répression et de torture clandestin sous la dictature de Videla, parmi les 500 que comptaient le pays, où près de 5000 personnes ont disparu. Il y avait également une maternité où près de 500 bébés ont été volés à leurs parents pour être donnés à des familles « d’accueil » liées au régime. Les mères étaient assassinées juste après l’accouchement. Située en centre ville, elle est depuis 2004 un musée à la mémoire des disparus. Buenos Aires, janvier 2008
Franck Boutonnet, of the photography collective ITEM, traveled to Argentina to create “Conscienza,” a photographic essay documenting a poetic and political vision of Argentina, a country unafraid to confront its past, demanding an examination of its mistakes and admission of its crimes. Even in an uncertain present, Argentina struggles for a more just and egalitarian future. The full version of this article is available in French.
Links
http://www.collectifitem.com
http://www.zmala.net
Contributors
