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De l'Air, tribute to Jeanloup Sieff

Yves Saint laurent, paris, 1971 Voici une photographie légendaire. Ce portrait du grand couturier a révolutionné la photo de nu masculin. Depuis, cette photo a été maintes fois copiée, notamment dans la pub, mais jamais égalée © Jeanloup Sieff

A Gauche, Héloïse, paris, 1972 La force de cette photo vient de la diagonale que constitue le corps de cette jeune femme s’inscrivant en légère contre-plongée et en parfait contrepoint du décor quelque peu désuet de cette chambre qu’elle illumine de son regard. A Droite, Portrait avec voilette, 1985 La photographie aura beau révéler les corps et les images des femmes, elles ne diront rien de leur mystère © Jeanloup Sieff

isabelle Weingarten, paris, 1976 Nous plongeons ici dans la renaissance de raphaël et de ses madones bibliques. Le visage d’isabelle Weingarten n’est pas non plus sans rappeler certaines représentations du Christ. sa très légère inclinaison évoque une certaine empathie pour le monde © Jeanloup Sieff

Beatty, vallée de la Mort, États-unis, 1977 À première vue ce cliché peut faire penser à la crise de 1929, même si la voiture semble un peu plus récente. pour elle, inéluctablement, le temps s’est arrêté, la nature toute puissante a repris ses droits en l’érodant lentement. et puis, notre œil se heurte aux deux impacts de balles. Le scénario change du tout au tout. Nous voici peut-être dans une affaire de meurtre. Finalement, j’opte pour mon impression première, le krach, me disant qu’il doit simplement s’agir de gamins s’étant initié au plaisir de la 22 long rifle sur une vieille carcasse trouvée au hasard de leur chemin © Jeanloup Sieff

Zabriskie point, vallée de la Mort, États-unis, 1977 Dans cette Vallée de la Mort, toute trace de vie est synonyme de courage. Un tout petit arbuste réussit à se développer dans un contexte plus que difficile. La craquelure de la terre ressemblant à des écailles de tortue en témoigne. en face, l’infranchissable montagne se présente comme un défi au marcheur de l’impossible © Jeanloup Sieff

Nu pompier, paris, 1956 La présence d’un modèle nu dans un atelier m’a instinctivement fait penser à l’œuvre de Courbet. pourtant, le titre de cette photo fait référence aux œuvres néoclassiques intégrant le décor. Courbet détestait le néoclassicisme, il était le peintre de la modernité, et l’allure de cette jeune femme est incroyablement actuelle. Voilà peut-être l’autre raison de ce rapprochement © Jeanloup Sieff

Judy, new York, 1964 Adam et Ève. La matinée fait figure dans notre imaginaire de paradis originel, lui-même nous renvoyant à la nudité. Cette belle jeune femme nous propose de croquer la pomme tout en ayant un regard inquisiteur, prémice des tourments à venir ? © Jeanloup Sieff

Vallée de la Mort, États-unis, 1977 Voici une belle métaphore de ce que peut être la photographie : laisser une trace de notre passage en ce monde avant de disparaître © Jeanloup Sieff

A Gauche, Hommage à Seurat, new York, 1964 La référence à la peinture est très présente dans l’œuvre de sieff comme dans celle de beaucoup de photographes. s’agit-il d’une révérence à ce que l’on considère comme l’art majeur ? elle pose en tout cas une nouvelle fois la question du statut artistique de la photographie, A Droite. Femme nue dans un couloir, 1975 Cette image nous révèle à tous que Jeanloup sieff était l’un des grands maîtres du noir et blanc. La force du contraste est saisissante. elle fait partie de ces œuvres qui nous font aimer la photographie © Jeanloup Sieff

Gauche: Cette femme est une petite vendeuse de rue, elle vit dans le White Building depuis 1979. Elle est très en colère contre les projets de vente de l’immeuble. Si elle est expropriée, elle devra s’exiler loin de Phnom Penh car elle n’a pas les moyens d’acquérir un appartement dans la capitale. ici, elle vit près des écoles, des centres de soins, des pagodes, de son travail. Si elle devait partir, sa situation empirerait, Droite: Elle a 60 ans, elle vit avec onze personnes de sa famille dans deux pièces. Comme l’espace manque, les vêtements s’entassent un peu partout. Certains membres de la famille travaillent le jour, d’autres la nuit. ils se partagent la chambre à tour de rôle © Khvay Samnang

Cet enfant était en train de faire ses devoirs, j'avais apporté avec moi plusieurs masques il a choisi celui qu'il trouvait le plus drôle © Khvay Samnang

Elle a 18 ans et étudie au lycée. Elle a choisi ce masque sans réelle motivation. Elle ne veut pas non plus partir de cet immeuble qu’elle connaît depuis toujours © Khvay Samnang

Ce soldat, fils d’artiste, loge avec sa famille. il occupe un petit logement depuis 1979 car, après la fin du régime des Khmers rouges, le gouvernement a donné des appartements à des artistes. Le sien est aujourd’hui en piteux état. Lorsqu’il pleut, cela fuit de partout. Mais il ne veut pas partir © Khvay Samnang

© Elene Usdin

© Elene Usdin

© Elene Usdin

© Elene Usdin

Le club des amis du camping et de la caravane © Ursula Sprecher, Collectif

Le club de plongée, L’association des jardins ouvriers © Ursula Sprecher, Collectif

Le club de cerf-volant © Ursula Sprecher, Collectif

Les amis de Santa Claus © Ursula Sprecher, Collectif

Le Nikon qui voyait, utah (États-unis), 1982 D’habitude j’ai un vieux Nikkormat. Exceptionnellement, j’ai ce petit Nikon en plastoc bien moins solide, et souvent poussiéreux. Je l’ouvre pour souffler et le nettoyer, et dans ma main, là, je vois la route, en plein Ouest américain, qui apparaît dans le viseur... à l’envers! Je fais la photo de l’appareil avec mon Nikkormat de l’autre main. Une sorte de monde à l’envers... de remise en question involontaire ! Les appareils auraient- ils une vie bien à eux? Verraient-ils, après tout, sans qu’on leur dise quoi voir? © Bernard Plossu

Venise, 1989 Une semaine avant le carnaval, il fait très très froid. Je tombe sur ce groupe qui pose contre un mur. L’un des costumés regarde un Polaroid, on voit le dos noir. Le contraste fait la photo. Je la prends vite au 50 mm, comme d’habitude © Bernard Plossu

La fille sortant de la mer, côte varoise, 2006 La marque Woolrich m’a passé, grâce à Walter Guadagnini, une sacrée commande pour photographier ses vêtements «au naturel», comme dans mon travail. Je me retrouve entouré d’une équipe, de vêtements et dans un rythme de travail que je ne connais pas, moi qui suis toujours tout seul dans le réel! Qu’importe, je ne change rien à mes méthodes et guette des moments à moi... Une piscine en bord de mer, la petite échelle qui mène à la mer ou permet d’en sortir, les modèles amies qui se baignent... Je capte la joie, le calme, la beauté. On n’est plus dans la mode ni la commande. La photo n’est pas fabriquée. Je continue mes photos, qu’elles soient pour plaire ou pour moi. Il ressort de cette image une grande sensualité, simple, naturelle! © Bernard Plossu

L’enfant, paris, 1990 Cette photo a été faite quelque part dans Paris avec un petit agfamatic, offert en 1970 par Jean-Jacques deutsch. liberté totale de photographier vite, sans rien régler, juste nuage/soleil, presque pour jouer ! Je m’en suis beaucoup servi à Paris en me baladant sans autre but que de voir, sentir une photo : elle arrive ! là, par exemple, cet enfant, vêtu de blanc, tenu par la main de sa mère, remplit le blues parisien de lumière et de poésie. Mais tout ça c’est des mots (ce sont des mots, dirait-on en bon français, mais je préfère : c’est), et tous ces mots ne valent pas... la photo, tout simplement ! disons que ce qui compte c’est d’avoir vu, fait la photo avec un appareil à cinq sous : aucun besoin pour « réussir » une photo d’avoir un gros appareil avec des téléobjectifs à la con, ha ha ! © Bernard Plossu

mopti, mali, 1989 retour au sahel que j’avais tellement aimé dans les années 70 ! après les années du désert américain, revoilà le désert africain. l’idée est d’aller loin, dans la région de hombori où se trouve la splendide montagne (sacrée ?) de la main de Fatima. Pour y aller, on s’arrête à Mopti. immédiatement, envie de fuir en vitesse les touristes, les bobos, les routards ! Bref, le matin, avant de partir, il se passe un moment de silence photographique inouï : cette auto peinte en blanc, les types immobiles, ne faisant apparemment rien. Une composition presque « trop » bien... mais bon, j’appuie sur le bouton de mon vieux nikkormat, au 50 mm classique, et au retour je verrais sur le contact ce drôle de moment qui n’en est pas vraiment, un moment de transit et de noir et blanc. avec le bus au fond à droite là-bas qui attend ! © Bernard Plossu

L’ami Jeanloup, paris, 1982 Jeanloup avait beaucoup d’humour, il citait souvent Jules renard. nous nous voyions souvent, chez lui la plupart du temps, avec Yves le Floch, Folon, lartigue parfois, il y avait une envie de créer le sphinx, une revue d’art différente, qui n’a jamais vu le jour! J’aimais sa manière de se tournicoter souvent les cheveux, cette mèche... ses amis se souviennent sûrement de cela. C’est allen Porter, le grand monsieur de la photographie, qui m’avait emmené la première fois dans son atelier du 17e arrondissement. seul, je n’aurais jamais osé aller le déranger ! Puis, nous nous sommes revus avec Claude nori, puis la vie a continué, je suis parti loin, et Jeanloup nous a quittés beaucoup trop tôt © Bernard Plossu

Magazine De l'Air, Cover
Yves Saint laurent, paris, 1971 Voici une photographie légendaire. Ce portrait du grand couturier a révolutionné la photo de nu masculin. Depuis, cette photo a été maintes fois copiée, notamment dans la pub, mais jamais égalée © Jeanloup Sieff
On the occasion of the Jeanloup Sieff retrospective all summer long at the Musée de la Photographie André Villers in Mougins, the magazine De l'Air has devoted a large spread to the artist. The museum curator Olivier Lécine, shares a few anecdotes and comments on the selected photographs.
The magazine presents photographs by Khvay Samnang, Elene Usdin and Bernard Plossu...
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