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Le Monde: Robert Capa’s War Chest

Armé de son Leica, Robert Capa arrive à Teruel, au nord de Valence, le 21 décembre 1937. Le photographe suit pas à pas l’avancée de la 40e brigade de l’armée républicaine, partie à l’assaut du palais du gouverneur civil. Le dernier îlot de résistance des franquistes dans une ville ravagée par d’âpres combats. Robert Capa en fait le récit pour l’édition de Ce Soir du samedi 8 janvier 1938 : « Ce fut alors la lutte de chambre en chambre. Une lutte sans merci, à la grenade. Tous les murs semblaient avoir été minés : des explosions retentissaient de partout. », Extrait du magazine Le Monde, 9 mars 2013 © Robert Capa/International center of photography/Magnum Photos

Décembre 1937. Depuis la mort de sa compagne Gerda Taro lors de la bataille de Brunete, près de Madrid, fin juillet, Capa n’a plus couvert la guerre d’Espagne. A Barcelone pour un reportage humanitaire, il apprend que les forces gouvernementales ont lancé une attaque surprise sur Teruel. Sans hésiter, il se rend sur les lieux : « Cinq minutes ne s’étaient pas écoulées qu’au milieu d’un fracas épouvantable, un des murs s’ouvrit. Une mine avait été placée sous un angle et la déflagration causa une brèche énorme dans la muraille où les soldats se précipitèrent au milieu des décombres. » Extrait du magazine Le Monde, 9 mars 2013 © Robert Capa/International center of photography/Magnum Photos

En prenant d’assaut le palais du gouverneur, les troupes antifachistes entendent libérer la cinquantaine de femmes et d’enfants retenus depuis plus de quinze jours dans les sous-sols. « Dominant les bruits secs des revolvers, entre les rares secondes de silence qui suivaient l’éclatement des grenades, on entendait au cœur du bâtiment s’élever les cris d’Arriba España ! et les plaintes des malheureux que les factieux avaient entraînés avec eux pour leur servir d’otages, au moment où ils s’enfermèrent dans le palais. », écrit Capa. Extrait du magazine Le Monde, 9 mars 2013 © Robert Capa/International center of photography/Magnum Photos

En prenant d’assaut le palais du gouverneur, les troupes antifachistes entendent libérer la cinquantaine de femmes et d’enfants retenus depuis plus de quinze jours dans les sous-sols. « Dominant les bruits secs des revolvers, entre les rares secondes de silence qui suivaient l’éclatement des grenades, on entendait au cœur du bâtiment s’élever les cris d’Arriba España ! et les plaintes des malheureux que les factieux avaient entraînés avec eux pour leur servir d’otages, au moment où ils s’enfermèrent dans le palais. », écrit Capa. Extrait du magazine Le Monde, 9 mars 2013 © Robert Capa/International center of photography/Magnum Photos

A Teruel, le photoreporter couvre les affrontements au côté de l’écrivain Ernest Hemingway, envoyé par la North American Newspaper Alliance, et du journaliste Herbert L. Matthews, du New York Times. Ses clichés racontent les combats et la souffrance d’un peuple comme aucun journaliste ne l’avait fait auparavant. Aujourd’hui encore, Capa reste la référence absolue en matière de photographie de guerre. Extrait du magazine Le Monde, 9 mars 2013 © Robert Capa/International center of photography/Magnum Photos

Après une progression difficile parmi les décombres, les soldats républicains parviennent au sommet de l’édifice en ruine. « En même temps que s’était accomplie la prise du palais, la bataille faisait rage, à neuf kilomètres de là, sur le front, aux deux points névralgiques de l’attaque ennemie », raconte Robert Capa dans Ce Soir. Au travers d’une brèche, la ville se déploie sous l’objectif du photographe : un pont, puis le drapeau républicain flottant sur le clocher d’une église. Des trois films que nous montrons ici (rouleaux 57, 58 et 82), la dernière image de cette série est l’une des seules à avoir été publiée du vivant du photographe. Extrait du magazine Le Monde, 9 mars 2013 © Robert Capa/International center of photography/Magnum Photos

Après une progression difficile parmi les décombres, les soldats républicains parviennent au sommet de l’édifice en ruine. « En même temps que s’était accomplie la prise du palais, la bataille faisait rage, à neuf kilomètres de là, sur le front, aux deux points névralgiques de l’attaque ennemie », raconte Robert Capa dans Ce Soir. Au travers d’une brèche, la ville se déploie sous l’objectif du photographe : un pont, puis le drapeau républicain flottant sur le clocher d’une église. Des trois films que nous montrons ici (rouleaux 57, 58 et 82), la dernière image de cette série est l’une des seules à avoir été publiée du vivant du photographe. Extrait du magazine Le Monde, 9 mars 2013 © Robert Capa/International center of photography/Magnum Photos

Robert Capa © DR
Armé de son Leica, Robert Capa arrive à Teruel, au nord de Valence, le 21 décembre 1937. Le photographe suit pas à pas l’avancée de la 40e brigade de l’armée républicaine, partie à l’assaut du palais du gouverneur civil. Le dernier îlot de résistance des franquistes dans une ville ravagée par d’âpres combats. Robert Capa en fait le récit pour l’édition de Ce Soir du samedi 8 janvier 1938 : « Ce fut alors la lutte de chambre en chambre. Une lutte sans merci, à la grenade. Tous les murs semblaient avoir été minés : des explosions retentissaient de partout. », Extrait du magazine Le Monde, 9 mars 2013 © Robert Capa/International center of photography/Magnum Photos
They were thought to be lost forever. After an incredible journey, 4500 negatives from the legendary photojournalist Robert Capa and his friends Gerda Taro and David ‘Chim’ Seymour, resurfaced in New York in 2008. These striking, never-before-seen images of the Spanish Civil War, taken from 1936 to 1939, are on display at the Musée d’art et d’histoire du judaïsme in Paris.
Everything about the story of the “Mexican suitcase” is singular, incredible even. In early 2008, 4,500 negatives on 126 rolls of film appeared in New York at the International Center of Photography (ICP), founded by Cornell Capa, the photographer’s brother. These negative came from Mexico. How they arrived from Paris remains a mystery. At the end of 1939, Robert Capa left the capital for New York, fleeing the threat of war, and left the film in his studio at 37 rue Froidevaux. The treasure was entrusted to Csiki Weisz, Capa’s friend, who left the capital for Bordeaux or Marseille between the end of 1939 and June 1940 before being arrested and imprisoned by French authorities as an “undesirable alien.”
Meanwhile, he had entrusted the precious negatives to a Spanish friend, who in turn gave them to a Chilean or a Mexican acquaintance somewhere in France before they fell into the hands of a Mexican general serving as his country’s consul in Vichy. When the general returned to Mexico, he brought back not only the photos, but also (according to some sources) stolen money and jewels. Hence the suitcase’s probable disappearance at the back of an attic or an armoire. Following the general’s death, one of his wife’s nephews, Benjamin Tarver, found the boxes and contacted Robert Capa’s brother, who was slow to respond. It was only ten years later, in 2008, that the negatives made their way to the archives of the International Center for Photography.
Par Michel Lefebvre
Read the full text on the French version of Le Journal.
Published on mars 9th, 2013 Magazine Le Monde
Exhibition
La valise mexicaine
Capa, Taro, Chim, les négatifs retrouvés de la guerre civile espagnole
Until June 30th, 2013
Musée d’art et d’histoire du judaïsme
71, rue du Temple
75003 Paris
France
Tél. : 01-53-01-86-60
Books
La valise mexicaine, Capa, Chim, Taro
700 pages
Actes Sud, 85,20€.
Robert Capa, traces d’une légende
By Bernard Lebrun and Michel Lefebvre
264 pages
Editions La Martinière
40,50€
Links
http://www.mahj.org
http://lejournaldelaphotographie.com/archives/by_date/2013-03-05/10488/capa-la-valise-mexicaine-presentee-a-paris
Contributors
