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Michel Kirch: Instants Sahéliens

« A l’hôtel le Campement ». Gao, à l’hôtel « Le Campement ». Un touriste s’est mis à gratter une guitare. Puis un touareg... © Michel Kirch

« La porte ». La porte est souvent un lieu de stationnement. Elle révèle la relation du dedans et du dehors africains. Intimité naturelle à préserver autant que démonstration potentielle d’ouverture. © Michel Kirch

« Tombouctou, Premier Janvier ». Je me suis souvenu que vingt ans plus tôt, dans le sud marocain, j’avais remarqué un panneau annonçant : « Tombouctou, 52 jours de chameau »… © Michel Kirch

« Gao « Sur la piste Gao-Tombouctou. Du sable dans l’air et sous les roues. Le chauffeur m’annonce soudain que le fleuve est là, à quelques pas. © Michel Kirch

« L’Harmattan ». L’arbre se dresse, des maisons s’affaissent, des gens comme des rochers… L’Harmattan donne à tout ça la matière d’un dessin. © Michel Kirch

« La mosquée ». C’est la mosquée du premier village créé par les Dogons. A l’époque, les Dogons étaient animistes. Ils s’étaient réfugiés dans ces contrés isolées pour échapper à la conquête islamique. Aujourd’hui ce bâtiment est un lieu agréable et frais, où toute fureur semble désormais exclue. © Michel Kirch

« Le fleuve Niger ». De l’association du geste et de la survie résulte une grâce évidente. Sur le fleuve, des harmonies constamment redessinées, des mobiles à l’équilibre calligraphique. © Michel Kirch

« Mopti ». Mopti, chez les bozos, « maîtres du fleuve ». © Michel Kirch

« Djenné ». A Djenné, les toits sont un monde, la rue en est un autre. Le regard glisse de l’un à l’autre sans s’appesantir. © Michel Kirch

« sel contre riz ». Entre la Mauritanie et le pays Dogon s’étire un couloir caravanier que les Maures empruntent depuis toujours. Leurs ânes chargés de sel à l’aller, ils reviennent avec du riz. Par tous les temps... © Michel Kirch

« au pays Dogon » Nous ne savions quoi regarder : le dessin, le texte, ou l’œil profond et sans détour... © Michel Kirch

« instants sahéliens » Proches de Kidal, au pays touareg. La zône est instable, nous avons pris un chauffeur touareg pour éviter tout problème. © Michel Kirch

« Bandiagara » Amako nous conduit vers la falaise chère à Marcel Griaule... © Michel Kirch
« A l’hôtel le Campement ». Gao, à l’hôtel « Le Campement ». Un touriste s’est mis à gratter une guitare. Puis un touareg... © Michel Kirch
My first trip to Mali was hard, bitter, sometimes sordid. What struck me most was the relentless struggle against constant aggressions: from mosquitoes, desert wind, filth, corrupt police, intense stares, being asked for so many different things that it bordered on harassment. I was worn out, disgusted, and wanted to shorten my trip and return as soon as possible.
At the time I didn’t realize the subtle, poignant melody that filled my blood. The longer the trip lasted, the more the slightest detail seemed impenetrable. I mentioned it to my guide, Amako, the day we visited the mud-brick city of Djenné. He didn’t flinch, as if to confirm the mystery. Shortly after, he took me by the arm and directed my gaze: an entryway, a long dark corridor, a child in the shadows, then another in a courtyard bathed in light... and then something extraordinary, it was as though I was seeing the child in the light through a keyhole.
“To open the door,” said Amako, “you need a key... just a key.”
The three months that followed my return gave me, in the darkroom, the key that allowed me to see things clearly. The aggression had vanished . I was suddenly open to the beauty of things. Insignificant details took on a different appearance, tense situations were resolved by the arrival of an unexpected light, characters stood out against my newly discovered reality. The Sahel opened up my senses, and it suddenly was clear to me. The magic was there.
This is how Instant Sahéliens came into existence: in the distance, the darkness, and listening to Ali Farka Touré. And travel after travel, like a second chance not to be missed.
Eighty photographs and forty texts are the traces of that trip.
Michel Kirch
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